Les idées reçues freelance les plus rencontrées – partie 3

Cette dernière partie des idées reçues freelance s’inspire des conversations sociales. Que ce soit l’ami, le parent, la connaissance de bar, l’enquêtrice, le banquier et même la belle-famille, je rétablis quotidiennement quelques vérités sur ce statut. Grâce à ces personnes, je travaille mon argumentaire, je m’ouvre à la discussion et j’essaie de comprendre pourquoi ils pensent ainsi. En dehors de dialogues constructifs, je reçois bien (trop) souvent les remarques que vous allez lire.

Idées reçues freelance sur la tarification et l'environnement social traduit par une photographie de Daria shevtsova

“Ton tarif ca se discute, c’est pas un vrai produit”

Si vous partez du principe que le passionné de travail freelance casse ses prix et ses compétences pour avoir un contrat, alors oui, cette idée reçue est véridique. Cependant, c’est seulement une partie de cette merveilleuse communauté. Hélas, pour beaucoup, la passion rime avec négociation. Avec le temps, j’apprends à m’amuser de ces situations avec dérision, prise de recul et de hauteur. Et ces paroles s’accompagnent parallèlement à “Je ne m’attendais pas à ce prix là”. La combinaison ultime se finalise avec “Je pensais que c’était votre passion”. 

En dehors de l’aspect monétaire, je me demande sérieusement si cet argument convient pour tous les métiers. Je m’amuse de la réaction du boulanger et de sa baguette, du banquier et de ses côtés en bourses, du marketing et de ses statistiques, du plombier et de ses fuites d’eau, et même du boucher avec ses steaks hachés. Vous entendez souvent la transposition des activités freelances sur ces métiers essentiels. Cependant, c’est une des réalités du métier de travailleur indépendant, surtout dans le numérique.

Courage cher nouveau collègue, courage cher vieux de la vieille génération de freelance, courage à toutes ces personnes. Même si nous apprenons à prendre sur nous, à expliquer avec pédagogie, il suffit d’une personne abusant de tarifs préférentiels, de réduction premier contrat ou même d’un forfait, pour que nous révélions les vérités sur notre métier et statut. Spoiler alerte : elles sont toutes aussi dures que le commanditaire. 

Donc oui un tarif peut se négocier, mais pas s’imposer telle une fatalité par le client. Et le service/produit proposé est réel car il existe et reste demandé. Peut importe le tarif et la qualité de ce dernier : il y a offre et demande. De plus, les retours d’expérience sont importants afin de s’améliorer continuellement. Nous aussi, nous aimerions être rentables sur notre activité. La passion nourrit la bonne qualité de notre service. Elle permet également d’inverser le rapport de force plus facilement. Et bien souvent, nous nous rendons compte qu’il s’agit plus d’une remise en question de nos compétences plutôt qu’un éventuel manque d’argent.

Avec le temps, je comprends les problématiques et cherche à rassurer. L’argent et la compétence est relatif aux besoins du clients. Ainsi, je m’exerce à définir les techniques, à parler simplement, puis à organiser les différentes étapes projets (réalisation, délais, tarif, etc). Il est plus facile de devenir un collaborateur et facteur de réussite qu’un travailleur indépendant parmi d’autres dans un formulaire. Et là, nous sommes un “vrai produit” avec un tarif indiscutable. 

“Ca va, au moins tu choisis tes clients”

Tout d’abord, je pars du postulat que refuser un contrat pour un débutant est un luxe. Et ce, même avec un beau réseau. Puis tout peut arriver : brief de 1 à 15 pages, sujets ennuyants, prix au rabais, la concurrence qui donne l’impression de prendre tout le marché, etc. Il suffit de s’accrocher, de maintenir notre visibilité et la qualité des services proposés.

Idées reçues freelance sur la tarification et l'environnement social traduit par une photographie de main les unes sur les autres

“Tu es du genre loup solitaire”

Cette idée reçue découle de deux facteurs : le caractère de la personne et l’environnement dans lequel le freelance.

D’un côté nous avons les chercheurs de contact humain, de l’autre côté les heureux de la solitude et entre deux, les personnes au contact digital only. Il existe tellement de nuances sur la gestion sociale de nos confrères et consœurs. Cependant, comme tout le monde : nous avons nos périodes et envies. Même si certains se plaisent à passer leur journée seul, peut-être qu’il profite de la tranquillité avant le débarquement de leur vie familiale, de leurs amis, leur colocataire, ou alors ils aiment vraiment cette retraite numérique.

En dehors de la personnalité et du rythme de vie du freelance, l’environnement est sous-estimé. Il existe de nombreux lieux dédiés à nos activités, et peu importe le secteur : les cafés dédiés avec des formules abordables, les espaces de coworking, les groupes d’entrepreneurs, le networking, les blogs, les forums, les afterworks, etc. Autant de solutions disponibles et mises en place pour éviter ces isolements et renforcer le bien-être social de ces statuts.

La vie de travailleur indépendant permet d’adopter un rythme de vie différent que l’entourage peut mal comprendre : les pauses cafés sont plus nombreuses, la notion de hiérarchie est quasi-inexistante, il est possible de rester dans sa bulle de concentration des heures sans sollicitations, un agenda flexible, etc. Cette situation peut amener à être seul devant son ordinateur. Si cela est la clée du bonheur pour la plupart des freelance, pourquoi s’en priver ? 

Avec ces explications sur les idées reçues freelance, ils me disent encore : “Tu sais, tout le monde peut être freelance”

J’ai envie d’aborder un premier fait : la nature du métier. La notion de freelance est souvent associée aux métiers du numériques tels que développeurs, marketeurs, rédacteurs, designers, graphistes, consultants, product manager et autres métiers. Cependant, d’autres métiers sont très difficilement convertissables comme l’enseignement public (professeur, directeur), les métiers de la sécurité (policier, agent de sécurité) ou encore le secteur du médical (kinésithérapeute, médecin généraliste, podologue). Techniquement, tout le monde peut s’attribuer ce statut, mais cela ne change en rien le quotidien, ni leur rémunération. Finalement, seules les formalités administratives seraient différentes. 

En dehors de l’aspect administratif, j’aimerai attirer sur l’essence d’une personne. Il existe autant de personnes que de couleurs présentes dans un arc-en-ciel. Cela représente beaucoup de travail : concevoir une offre et son image, promouvoir cette dernière, se créer une organisation, être à la recherche de client, etc. Cela demande aussi beaucoup de patience, souvent couplé à l’ascenseur émotionnel : les objectifs, surtout le chiffre d’affaire, est rarement atteint dès le départ ; les +10k d’abonnés demande du temps ; écrire un ebook et/ou un blog demande de l’expérience, des compétences et un emploi du temps permissif ; et d’autres nombreux exemples sont à explorer.

Être entrepreneur est un pas à franchir. C’est la différence entre prétendre quelque chose et l’être réellement. De plus, être freelance amène aucune supériorité sociale ou conditions particulières. Finalement c’est ce que nous faisons de nos actions et biens qui font la personne que nous sommes.