Les idées reçues freelance les plus rencontrées – partie 1

Les idées reçues freelance sont multiples et propres à chaque rencontre. Lors de mes interventions en entreprise j’entends toujours quelques salariés parler du freelance et de ses avantages. Sans l’être réellement, ils s’imaginent une vie complètement différente de la leur. Cela peut être sur un ou plusieurs aspects : l’argent, le voyage, la gestion des relations, etc. Autant de préjugés basés sur ce qu’ils voient uniquement sans même m’en parler. Ainsi, de fausses idées fusent sur ce qu’est la vie de travailleur indépendant depuis le début de mon activité. 

Les idées reçues freelance en photographie

“Tu travailles quand tu veux, selon tes envies”

Généralement, les personnes souhaitant une large disponibilité discutent de cet avantage. Et cela se comprend : qui rêve d’être présent pour ses enfants, sa famille, son couple et ses amis ? Le tout en étant payé. Ainsi, je discerne deux besoins liés à ce souhait :  le besoin d’une liberté géographique et horaire. 😉

La liberté géographique a une multitude de définition : libre du lieu, être à distance, et bien d’autres. Elle se caractérise essentiellement par le fait d’être indépendant de l’endroit où nous nous trouvons. Je pense notamment aux digital nomads, ces personnes vaguant sur le web comme sur une vague en Californie puis sur une vague à Haïti. Cette notion de la liberté permet de mettre en place un schéma inhabituel : le travail s’effectue n’importe où tant qu’il est fait. Sans partir dans l’extrême du voyage, il est également possible de simplement rester chez soi par choix et non par obligation. L’important est d’avoir des raisons valables qui nous sont propres.

La liberté horaire est bien différente : elle se base sur notre journée de 24 heures. Nous vendons notre temps, d’une manière ou d’une autre, contre de l’argent. C’est un fait : avoir un salaire en fonction des heures passées au travail est la même chose pour un freelance. La différence réside alors dans le tarif. Effectivement, que tu sois salarié ou indépendant, nous les faisons ces fameuses journées de 8 heures. Seule l’organisation de cette journée est différente. Rare est le travailleur indépendant travaillant moins de 30h / semaine. 

Pour finir sur cette première idée reçue, je dirai qu’il serait plus juste de prêter attention à l’organisation de la journée, de la semaine et du mois. La vision d’ensemble est nécessaire pour prendre conscience du volume horaire travaillé par un freelance et par un salarié normalisé. Tandis qu’une personne travaille 8 heures d’affilée, l’autre peuvent fractionner en 2 fois 4 heures, ou 4 fois 2 heures, etc. 

« Tu pars en vacances quand tu veux »

J’ai envie de définir réellement ce sont des vacances :  période d’arrêt légal de travail en entreprise (publique ou privée) fixées selon un calendrier dont le minimum s’élève à 5 semaines. Il est en aucun cas explicite que cette période soit en relation avec le voyage, le repos ou autre.

Dans l’absolu, nous pouvons partir à l’étranger pour des vacances ou rester chez soi à végéter devant la télévision. La contrainte géographique et horaire est choisie par rapport à son mode de vie freelance. Mais, “No pain, no gain” : le freelance travaille comme tout le monde, les jours non travaillés sont autant de revenus manqués ! J’évite donc de passer mes journées à la plage des Caraïbes avec un mojitos à la main. 🙂

D’un autre côté, il est plus facile de faire des pauses en fonction de ses besoins pour revenir plus frais sur son activité. J’avoue qu’il m’arrive de poser une journée complète dans la semaine car les batteries sont vides autant physiquement que psychologiquement. Cependant mon organisation me le permet, car l’intensité mise dans un projet client permet d’atteindre les objectifs donnés rapidement. L’idéal se traduit par un équilibre entre la vie professionnelle et personnelle. 

Cette seconde idée reçue insiste sur le biais cognitif de la définition de vacances. De plus, cet effet est accentué par les réseaux sociaux numériques où les visuels montrent clairement une certaine détente. J’invite à faire la part des choses entre ce qui est vu, écrit, puis ressenti. Il est difficile de savoir si la personne vue sur la photographie pense ou non au projet d’un client. 

Photographie de Gary Barnes d'une plante dans un pot à fleur prête à être empottée

“Tu peux te porter pâle sans arrêt de travail”

Je souhaite ne plus jamais revivre une situation de maladie en tant qu’indépendante. Il est beau de rêver n’est-ce pas? En dehors du fait que l’arrêt maladie est inexistant pour les freelance, il est difficile de se reposer et de guérir lorsque les appels s’enchaînent. Un travailleur indépendant peut prendre du repos, mais la sécurité sociale est absente. Alors, cela revient à un jour de vacance, mais sans le repos et l’organisation qui va avec. 

Sans être mauvaise langue, il existe un régime obligatoire pour les travailleurs indépendants. Trop peu arrive à appliquer toute cette administration et reste dans la simplicité. Or, la prévoyance obligatoire nécessite une complémentaire santé. Et c’est à ce moment, que le freelance français, rit jaune : beaucoup de critères de prévoyance sont mis en place et le tout cumulé fait mal aux finances, puis de nombreux pièges existent pour diminuer les droits en cas de pépin (la franchise, la durée d’indemnisation, les exclusions, etc). 

Je préfère vous inviter à faire ce que tout le monde devrait faire : prendre soin de soi. Écouter son corps et son mental surtout en situation de fatigue et de déséquilibre (alimentaire, moment fort de vie, sportif, etc). Il s’agit de prendre du temps pour soi-même pour ensuite regagner en productivité. 
Donc, nous pouvons nous porter pâle sans arrêt de travail, mais aux risques et périls de nos responsabilités et de notre santé. Encore une fois, il s’agit de trouver un équilibre entre ce qui doit être fait : ce qui est urgent et important puis de lâcher prise sur un moment pour guérir efficacement. Chacun a sa méthode pour s’entretenir, et elle diffère du tout au tout selon les personnes.

Du nerf les idées reçues freelance !

Ces trois idées reçues viennent surtout du plan personnel. Il est important de trouver un équilibre dans les disponibilités au risque de devenir une nounou de fortune pour les enfants d’une copine quelques heures non-payées. Le secret est dans le positionnement : savoir dire non. Les explications viennent dans le temps lorsque les concernées sont aptes à écouter ce que prodigue ce territoire inconnu. Professionnellement, ce sera en partie 2 !